2000 / Essais & Analyse / Chrysler / Sebring


   
Chrysler Sebring

La Sebring n'est donc pas une sportive, loin s'en faut. Cela se ressent surtout sur le plan des performances: il faut, par exemple, compter 11 bonnes secondes pour effectuer le 0-100 km/h, ce qui n'est rien pour écrire à sa mère, et les reprises se révèlent laborieuses, de sorte qu'un dépassement nécessite une bonne dose de planification. Le couple ne se fait sentir qu'à bas régime, le moteur s'essoufflant ensuite rapidement. Une fois la barrière des 4000 tr/min franchie, la seule réaction qu'on obtient en enfonçant l'accélérateur est une augmentation du niveau sonore... Pour reprendre l'expression d'un collègue journaliste, "ce n'est pas que le moteur ne veut pas, c'est qu'il ne peut pas"! Bref, quelques chevaux de plus seraient les bienvenus, c'est le moins qu'on puisse dire. Un peu de raffinement aussi, parce qu'en plus d'être paresseux, ce V6 émet un grondement peu inspirant à l'accélération. Malgré son architecture moderne, sa sonorité évoque celle des 6 cylindres américains d'il y a 20 ans. Dommage, car une voiture aussi bien tournée mérite mieux.

Comme c'est encore trop souvent le cas à bord d'une Chrysler, le freinage n'est pas à la hauteur: pédale spongieuse, manque de puissance, distances d'arrêt plus longues que la moyenne... Médiocre serait plutôt le terme approprié. Quant à la direction, elle est handicapée par un trop grand rayon de braquage. Résultat: une voiture ni très maniable ni très agréable à conduire.

LA RESCAPÉE
Jusqu'à l'an dernier, cette compagnie nous proposait les Sebring et Dodge Avenger. La décision de cesser la distribution au Canada de la majorité des modèles Dodge et Plymouth nous prive dorénavant de l'Avenger. Mais si son plumage laissait entrevoir des performances plus relevées que la moyenne, cette Dodge montrait un comportement aussi paisible que celui de la Sebring. Cette dernière, qu'on a plutôt dotée d'une carrosserie toute en élégance et en rondeurs, fait penser à une voiture de grand-tourisme au pedigree très relevé.

Malheureusement, son ramage est moins impressionnant que son plumage. Cette Sebring tente de nous épater par sa présentation extérieure, mais son comportement routier et ses performances sont plus ou moins identiques à ceux d'une berline un peu pépère. Ce n'est pas un tonitruant moteur V8 de plus de 200 chevaux qui est chargé d'animer cette Chrysler, mais un paisible V6 2,5 litres de 163 chevaux. C'est adéquat pour les balades du dimanche, mais rien pour perdre son permis de conduire. Incidemment, pas question de boîte manuelle. Seule l'automatique à 4 rapports est offerte, avec le système Autostick sur le modèle Limited.

Le comportement routier de la Sebring est un peu à l'image de son moteur: suffisant mais pas nécessairement excitant. La tenue en virage est bonne, le roulis de caisse pratiquement inexistant et la direction d'une précision adéquate. Toutefois, à cause de sensations de conduite engourdies, le plaisir de conduire s'avère mitigé. Pour se faire désirer un peu, il faudrait à cette Sebring un peu plus de caractère, quelques irritants dans sa conception, bref de quoi se démarquer. Pour l'instant, sa silhouette et une conduite sans histoire sont les seuls éléments qu'on remarque.

Philippe Laguë





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