Dans les mêmes conditions, le chauffage a été jugé faible par plusieurs de nos essayeurs, surtout au niveau des pieds du conducteur. Il faut également faire fonctionner le ventilateur au maximum pour arriver à réchauffer la cabine au cours de longs trajets. L'autre point faible des aptitudes hivernales du Grand Vitara est son équipement pneumatique d'origine. Les P235/60R16 tout-terrains sont bien adaptés à des pavés secs et à quelques excursions hors route, mais ils n'offrent pas la motricité voulue dans la neige, même si l'on prend soin d'utiliser le boîtier de transfert pour enclencher les 4 roues motrices. Rien n'est évidemment plus frustrant que de rouler dans un véhicule qui donne l'impression de pouvoir relever tous les défis mais qui, au mieux, se comporte comme la plus ordinaire des voitures. Précisons que cet utilitaire sport est à la base une propulsion à laquelle on a greffé un arbre d'entraînement permettant d'engager les roues avant.
Si certains aspects du Grand Vitara sont perfectibles, le véhicule est néanmoins bien né et étonne par sa robustesse. Ni les trous ni les bosses, pourtant sévères au Québec, n'ont d'influence sur la rigidité de la carrosserie.
UN V6 À LA HAUTEUR
Le V6 de 2,5 litres et 155 chevaux exclusif au Grand Vitara s'acquitte fort bien de sa tâche dans la plupart des circonstances. Comme dans tout véhicule de ce gabarit offrant une forte résistance à l'air, le bruit du vent est omniprésent et la consommation moyenne (12 litres aux 100 km) un tantinet élevée par rapport à une automobile de format équivalent. Malgré son essieu arrière rigide, le Grand Vitara offre un confort de roulement acceptable, mais les petites secousses causées par les revêtements dégradés se chargent de nous rappeler que nous avons affaire à un mini-camion plutôt qu'à une automobile.
La clientèle de Suzuki se recrutant surtout chez les femmes, nous avons demandé l'opinion de deux conductrices. Elles ont beaucoup apprécié l'aspect sécurisant du véhicule, son accès relativement facile malgré sa garde au sol élevée, son faible diamètre de braquage qui le rend facile à garer et la présence de très grands rétroviseurs latéraux. Elles ont moins apprécié, par contre, l'obstruction à la visibilité arrière causée par les appuie-tête et par la partie supérieure de la roue de secours montée sur le battant arrière. L'une d'elles nous a aussi fait part de sa déception en constatant que la porte donnant accès au compartiment à bagages s'ouvre de gauche à droite, ce qui est assez peu commode lorsque le véhicule est garé le long d'un trottoir.
Après cet essai de 10 000 km, on peut dire que le Grand Vitara marque un progrès très net par rapport à l'ancien Sidekick Sport 4 portes. Il est certes plus cher que le Vitara ou son double de chez Chevrolet, le Tracker, mais son moteur V6 et son comportement général valent pleinement le prix d'admission. Si Suzuki a bel et bien réglé les problèmes précités, le Grand Vitara sera en mesure de faire la lutte aux meilleurs de sa catégorie.
Jacques Duval
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