Vous en voulez encore? Le siège du conducteur ne se recule
pas suffisamment, ce qui fera pester les "grands six pieds"; la visibilité
vers l'arrière est nulle sous tous les angles, tandis qu'à l'avant, le
conducteur doit composer avec un capot interminable. Pour mesurer à la
fois votre habileté et votre patience, je vous suggère fortement le stationnement
en parallèle. Si la piètre visibilité et la longueur démesurée du véhicule
ne vous font pas perdre votre calme, c'est le trop grand rayon de braquage
qui vous achèvera. Des heures et des heures de plaisir en perspective...
UN PROBLÈME D'IMAGE
Handicapées à la fois par leur direction et par leur format géant, les
Camaro et Firebird ne sont pas, on s'en doute, des références en matière
de maniabilité. Dommage, car elles reposent sur une base plutôt saine:
depuis leurs débuts, en 1967, elles n'ont jamais si bien tenu la route.
Enfin, tant que le revêtement est dépourvu de toute imperfection (lire:
ailleurs qu'au Québec...). Sinon, l'adhérence devient rapidement précaire.
Et gare aux réactions vicieuses des puissantes versions à moteur V8: quand
le train arrière décide, sans avertissement, de décrocher, il est déjà
trop tard pour réagir. Si vous possédez quelques notions de pilotage,
elles vous seront d'un grand secours.
Les versions plus sportives s'illustrent en ce qui concerne
le comportement routier, surtout les éditions limitées (construites dans
deux ateliers montréalais spécialisés) que sont les Camaro SS et Firebird
Trans Am Ram Air. Outre leur suspension plus ferme et une monte pneumatique
plus performante, elles disposent en exclusivité de V8 plus puissants
que ceux des Z28 (Camaro) et Trans Am (Firebird) régulières. Elles conservent
cependant la boîte manuelle de série, l'exécrable transmission Skipshift
qui, en conduite normale, passe directement du premier au quatrième rapport
afin de diminuer la consommation. Une bonne idée en théorie, mais en théorie
seulement. Par contre, le freinage se montre à la hauteur: qu'il s'agisse
de la version de base ou de la plus musclée, il brille par sa promptitude,
sa puissance et son endurance.
Démodés pour les uns, kétaines pour les autres, ces deux
dinosaures doivent en plus composer avec un sérieux problème d'image:
"char de Gino", de mafioso, de danseuse, voilà le genre de commentaires
que suscitent les Camaro et Firebird. Et qui fait fuir à toutes jambes
plus d'un amateur de performances. De toute façon, si elles étaient mieux
conçues, de nombreux acheteurs potentiels ne se préoccuperaient pas de
ça. Mais c'est loin d'être le cas.
Philippe
Laguë
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