Côté rangement, on est passé d'un extrême à l'autre, puisque c'est désormais l'abondance, en quantité comme en capacité. Quant à la finition, celle de notre véhicule d'essai était impeccable; souhaitons seulement que ça dure, ce qui n'a pas toujours été le cas pour les modèles de la génération précédente.
PLAISIR…AUDITIF ET MÉCANIQUE
En ce qui a trait au confort, on pourrait difficilement demander mieux. Spacieuse et cossue, la Seville dorlote particulièrement ceux qui prennent place à l'avant, avec des sièges baquets épousant la morphologie de leurs occupants. Ce n'est pas une figure de style: une technique sophistiquée de rembourrage fait en sorte que les sièges en question s'ajustent au gabarit de la personne qui s'y installe. Mais passons tout de suite au dessert: la chaîne stéréo. Alors là, mes amis, on a frappé un grand coup. L'ensemble haute fidélité, conçu avec la collaboration de Bose, ne mérite que des éloges.
PARLONS MOTEURS
Restons dans les superlatifs, puisque le moment est venu de parler moteur. Avec le V8 Northstar, les ingénieurs de Cadillac peuvent se targuer d'avoir conçu l'une des meilleures motorisations au monde, rien de moins. Sa puissance varie selon qu'il s'agisse des versions de base (275 chevaux) ou haut de gamme (300 chevaux). Les accélérations franches, les reprises fulgurantes et le couple généreux de ce V8 ont par ailleurs valu à la Seville le surnom de "Corvette 4 portes", ce qui en dit long sur ses prestations. Cette cavalerie fait toutefois craindre le pire quand on sait que la Seville, contrairement à ses rivales importées, est une traction et non une propulsion. Encore là, les ingénieurs ont réussi du beau travail, puisque l'effet de couple, bien que perceptible, est assez bien maîtrisé. On se surprend néanmoins à rêver d'une version intégrale, surtout pour nos rudes hivers québécois; mais avec la traction et l'antipatinage, la version actuelle est acceptable.
La transmission Hydramatic gère cette puissance avec autant de brio que de doigté, et on ne peut vraiment pas lui reprocher grand-chose, si ce n'est l'absence d'un 5e rapport, alors que la plupart des berlines de luxe en offrent un. Elle passe les vitesses en douceur mais réagit promptement quand le besoin se fait sentir, et on prend un certain plaisir à la piloter de façon manuelle, après avoir sélectionné le mode Sport au préalable. Non, vous ne rêvez pas: on peut avoir du plaisir à conduire une Cadillac! Beaucoup, même, car le comportement routier de la STS s'avère à la hauteur des performances du V8 Northstar. En fait, sa direction rapide et précise, sa tenue de route incisive ainsi qu'une maniabilité étonnante (pour une berline pesant près de 2 tonnes) placent la Seville dans le peloton de tête.
Telle est la Seville: tantôt tigresse, tantôt chatte, mais toujours féline. Moins chère que la plupart de ses rivales, elle n'a pourtant rien à leur envier, possédant même une qualité de plus en plus rare: du tempérament. La meilleure voiture jamais construite en Amérique, dites-vous ? Oui, et aussi l'une des plus belles. Au point de reléguer sa jumelle - au physique moins avantageux - dans l'ombre...
Philippe Laguë
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