Avant de quitter l’habitacle, signalons le dessin agréable du tableau de bord et sa belle ergonomie, ainsi que la bonne visibilité et la présence du volant escamotable qui remonte lorsqu’on coupe le contact pour faciliter le passage... du bedon. Un bon point enfin au grand coffre au seuil bas et à la trappe à ski aménagée dans le dossier de la banquette arrière. En revanche, le couvercle à commande électrique a la fâcheuse habitude de s’ouvrir tout seul sur certaines Acura RL.
LA PRIORITÉ AU CONFORT
Même commentaire pour la suspension axée sur le confort. Sans être molle, la suspension permet à la caisse de subir un certain roulis en virage serré. La direction généreusement assistée plaira sans doute aux adeptes de la conduite « à l'américaine », mais elle manque de précision en conduite vive. En somme, si cette voiture pouvait parler, elle vous demanderait de choisir l'autoroute pour vos promenades du dimanche plutôt que les petites routes de campagne. Un choix sans doute fort valable à condition qu'on n'essaie pas d'y coller la notion déjà trop galvaudée de performance.
SILENCE, ON TOURNE
La souplesse et le silence de fonctionnement exceptionnels du moteur témoignent de façon éloquente des progrès réalisés par les motoristes en matière d’insonorisation. Mais avec 210 chevaux, le V6 de 3,5 litres ne permet pas d’obtenir les prestations assurées par les mécaniques plus musclées de la plupart des concurrentes de la RL. La consommation est tout au plus moyenne.
À l’instar du moteur, la boîte automatique à 4 rapports affiche une souplesse exceptionnelle. Les pneus Michelin équipant la voiture soumise à l’essai contribuent au silence de roulement et présentent une bonne adhérence sur les routes d’hiver. Fiable et éprouvé, ce groupe motopropulseur doit néanmoins évoluer pour se hisser à la hauteur des mécaniques plus puissantes et des boîtes à 5 rapports qui foisonnent dans le haut de gamme.
LA RECHERCHE DU COMPROMIS
Le raffermissement des suspensions effectué l’an dernier sur la RL a permis de corriger la sensation de flottement que donnait la version antérieure sans nuire au confort ni au silence de fonctionnement. Certes, il existe encore un certain roulis en virage et le sous-virage, principale caractéristique des tractions, reste encore au menu mais sans excès. La direction à assistance variable se distingue par l’absence d’effet de couple et par une bonne précision qui favorise l’agilité de la grande berline. Par contre, on sent mal la route, ce qui nuit à l’agrément de conduite. La stabilité en ligne droite ne pose aucun problème et les freins puissants et correctement équilibrés réussissent à ralentir efficacement les 1700 kg de la grande Acura. Bien entendu, tant l’ABS que l’antipatinage — fort efficace d’ailleurs — sont fidèles au rendez-vous.
Solide, raisonnable, luxueuse, démunie de gadgets inutiles, l’Acura RL offre un rapport qualité/prix intéressant lorsqu’on la compare à certaines de ses rivales. Mais comme le prix n’est pas le seul attrait dans cette catégorie, Honda devra repenser ses voitures haut de gamme si elle souhaite marquer des points, surtout face à Volvo qui, pour un prix comparable, parvient à offrir bien plus.
Alain Raymond
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