UNE VERSION SANS INTÉRÊT
C’est au volant de la version de base de l’Acura 1,6EL que nous avons effectué cet essai, et pour vous dire franchement, l’utilité de cette version dépouillée nous échappe tant l’aménagement de l’habitacle ressemble à celui d’une Civic. Sans siège chauffant ni réglable en hauteur, sans jante en alliage et sans même l’ABS, la version de base ne présente qu’un faible intérêt. Il faut opter pour les versions Sport et Premium pour se sentir un peu plus à bord d’une Acura. En outre, les curseurs du chauffage datent d’une époque révolue et bien des modèles concurrents ont adopté les commandes rotatives nettement plus pratiques. Signalons aussi que les minuscules témoins lumineux des touches au tableau de bord sont pratiquement invisibles en plein jour et que l’accoudoir central, trop bas, est inutile.
Quant au comportement routier, c’est celui d’une Civic alourdie d’une centaine de kilos. Heureusement que la 1,6EL reçoit des roues de 15 pouces chaussées de bons pneus Michelin et des barres antiroulis à l’avant et à l’arrière qui réussissent à tenir la caisse à l’horizontale en virage. La tenue de route est correcte, mais la direction à forte assistance appréciée en ville pour sa maniabilité atténue la sensation de la route et, par conséquent, la précision de conduite.
UNE FIABILITÉ EXEMPLAIRE
Que reste-t-il pour plaire aux jeunes acheteurs que souhaite attirer Acura? Des places arrière dégagées et confortables, une qualité d’assemblage évidente, une caisse rigide exempte de petits bruits parasites, un coffre spacieux et accessible, une faible consommation et une fiabilité exemplaire. En somme, les qualités de la berline Civic avec, en prime, des rétroviseurs extérieurs chauffants, l’antivol, ainsi que le verrouillage et les glaces électriques. Pour bénéficier des freins antiblocage, du lecteur de disques compacts et des roues en alliage, il faut passer à la version Sport (qui n’a de sportif que le nom) et à la version Premium si l’on veut bénéficier des beaux sièges tendus de cuir. Le fait que les acheteurs favorisent la version Sport vient appuyer notre thèse selon laquelle la version de base bien trop dépouillée présente vraiment peu d’intérêt et ne sert qu’à afficher un prix de départ plus alléchant pour la gamme 1,6EL.
LE «TEMPLE DU SILENCE»
Si les concessionnaires Acura apprécient sans doute l’accès au marché des petites voitures que leur donne la 1,6EL, les adeptes du «temple du silence» trouveront chaussure à leur pied dans la plus modeste des Acura. Pour l’agrément de conduite, il faudra voir ailleurs.
Alain Raymond
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